Ce ténor est une vraie grande voix potentielle ,avec des aigus naturels et une couleur vigoureuse et lyrique sur toute la tessiture . Il est Florestan de Fidelio , Hermann de Dame de pique , Kleinzach des Contes d’ Hoffman, le ténor italien de Rosenkavalier ,Tamino de Zauberfloete , Belmonte d’Entführung aus dem Serail, et on l’imagine volontiers dans des rôles dont la dramaturgie est à soutenir par une générosité du geste vocal, et une forte présence scénique . Je lui souhaite une vraie carrière pleine de sens en lien avec ses qualités vocales et musicales , et son implication personnelle toujours fougueuse au travail. Karl séduira par son tempérament trempé, son caractère dédié à ses personnages lyriques voire dramatiques .Il est jeune encore, mais la voix n’est pas verte : la maturité et l’instinct de chanter  font de Karl un futur grand artiste avec un A majuscule. Je remercie tous ceux qui voudront le soutenir , l’aider, le promulguer au devant des scènes internationales de demain . Dès que j’ai entendu cette voix, j’ai tout de suite été séduite par la notion de sécurité qu’il donne quand il chante : son émission vient de très loin, à travers des souffrances physiques personnelles qu’il a su surmonter avec une belle dignité et une énergie rayonnante . Longue vie lui soit donnée ! Belle carrière à lui  !

Elena VASSILIEVASoprano Internationnale

Ma rencontre avec Karl Laquit en mars dernier fut « la » découverte de la saison 2015 parmi la centaine de chanteur(euse)s auditionnés. Ce jeune artiste, longtemps haute-contre, qui a « basculé » en voix de ténor depuis 3 ans, m’a séduit d’emblée par l’originalité de sa voix rare aux multiples facettes. Ce ténor, aujourd’hui lirico-spinto, à la voix longue, puissante et superbement timbrée se régale d’échappées dans le suraigu enchaînant des contre ré en voix de poitrine avec une facilité insolente !… Mais le haute-contre n’est jamais très loin, offrant à l’auditeur des suraigus pianissimo « magiques » (rarissime pour ce type de ténor lyrique), à la ligne de chant et au phrasé « sans faute », parés de couleurs aussi rares qu’envoûtantes et toujours avec le même naturel et cette même facilité innée. En une phrase : une voix typiquement androgyne qui étonne et émeut, où la musicalité et la sensibilité sont omniprésentes… Enfin, pour le chef d’orchestre et de chœur que je suis, « diriger » Karl Laquit est un vrai partage musical, ce dernier réagissant aux moindres intentions musicales du chef en termes de nuances, de tempo, de couleurs avec une aisance remarquable. Bref, une rencontre forte avec ce bel artiste attachant qui ne laisse personne indifférent, à qui je ne peux souhaiter que le brillant avenir qu’il mérite… s’il ne se brûle pas les ailes trop tôt et trop vite !…

Jean-Philippe DUBORDirecteur musical des Siècles Romantiques